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Urbex en République tchèque : 10 lieux abandonnés (2026)

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Par Charly Lepesant

Explorateur urbain depuis plus de 10 ans, fondateur d'Urbex Maps. A documenté plus de 238 000 lieux abandonnés à travers le monde.

Urbex en République tchèque : 10 lieux abandonnés (2026)

L'urbex en République tchèque (Tchéquie) est l'une des scènes les plus denses et variées d'Europe. Entre les manoirs baroques abandonnés des forêts de Bohême, l'hôpital psychiatrique Bohnice et son cimetière des fous à Prague (Praha), la ville fantôme soviétique de Boží Dar à Milovice (région de Bohême centrale, Středočeský kraj), les bains Mattoni de Kyselka (région de Karlovy Vary) et les gares fonctionnalistes de Prague, l'exploration urbaine tchèque offre un terrain de jeu rare : 3 438 spots géolocalisés sur notre carte (urbex mapa), répartis entre les 14 régions du pays, Vysočina, Plzeňský, Liberecký, Jihočeský, Ústecký, Královéhradecký, Olomoucký, Moravskoslezský, Pardubický, Středočeský, Zlínský, Karlovarský, Praha et Brno (Jihomoravský).

Dans cet article nous avons sélectionné 10 lieux abandonnés en République tchèque à ne pas manquer : châteaux baroques dégradés, anciens manoirs sous séquestre, asiles psychiatriques (Bohnice hřbitov), gares de fret en sursis (Nákladové nádraží Žižkov, bývalé nádraží Praha-Vyšehrad) et fantômes de la guerre froide (Milovice Boží Dar). Sous chaque fiche, un bouton « Ajouter à ma carte » sauvegarde les coordonnées GPS directement dans ton espace personnel, gratuitement et sans carte bancaire.

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Urbex Tchéquie gratuit : pourquoi Urbex Maps change la donne

Avant d'entrer dans les 10 spots, deux mots sur ce qui rend ce guide différent. La plupart des sites qui parlent d'urbex en République tchèque gratuit mettent « gratuit » dans le titre, puis renvoient vers un forum à 50 € l'inscription ou un Telegram fermé. Ici la promesse est concrète : sous chaque lieu, un bouton « Ajouter à ma carte » envoie les coordonnées GPS dans ton espace personnel, sans carte bancaire, sans abonnement.

Derrière cette mécanique, une communauté de plus de 40 000 explorateurs qui remonte les infos du terrain depuis 2021. Chaque coordonnée publiée ici a été vérifiée au moins deux fois : une première par le contributeur d'origine, une seconde par un modérateur régional qui confirme que le lieu existe toujours - pas rasé, pas définitivement muré, pas transformé en hôtel boutique.

Les 10 fiches qui suivent sont classées par force visuelle et importance historique. On ouvre avec le plus connu (Bohnice et son cimetière des fous), on enchaîne sur la ville fantôme soviétique de Milovice, et on ferme par les manoirs et châteaux baroques de Bohême du Nord et du Plzeňsko. Pour chaque région traversée, un lien renvoie vers la page régionale complète avec la carte de tous les spots censés.

1. Psychiatrická nemocnice Bohnice : l'asile pragois et son cimetière des fous

Vue aérienne du complexe psychiatrique de Bohnice à Prague 8 et de son parc de 64 hectares

À la lisière nord de Prague, dans le quartier de Bohnice (Praha 8), s'étend l'un des complexes psychiatriques les plus impressionnants d'Europe centrale : la [Psychiatrická nemocnice Bohnice](https://en.wikipedia.org/wiki/Bohnice_Psychiatric_Hospital). Ouvert en 1909, l'hôpital est encore en activité aujourd'hui pour ses bâtiments principaux, mais l'ensemble est célèbre pour deux raisons qui débordent largement de l'asile lui-même : son parc historique de 64 hectares dessiné comme une cité-jardin, et surtout son cimetière abandonné - le « Hřbitov bláznů » ou « cimetière des fous » - où ont été enterrés entre 1909 et 1951 les patients morts à l'hôpital, ainsi que les pauvres du quartier et certains soldats des deux guerres mondiales.

Le cimetière a été abandonné brutalement après 1951 : la végétation a repris le dessus, les croix en bois ont pourri, les tombes en pierre se sont enfoncées dans l'humus. Pendant cinquante ans, plus personne n'y est venu. Au début des années 2010, une association de bénévoles a entrepris un travail de défrichage et de recensement, identifiant plus de 4 000 sépultures anonymes sous les ronces. Le lieu est aujourd'hui considéré comme l'un des plus puissants de Prague d'un point de vue mémoriel, et figure systématiquement dans les visites guidées dark tourism de la ville.

L'hôpital lui-même reste un terrain d'exploration plus codifié : certains pavillons sont abandonnés depuis les années 1990 (l'ancienne morgue, plusieurs ailes psychiatriques fermées après la réforme post-1989, la chapelle Saint-Venceslas désaffectée). L'accès aux bâtiments fermés est interdit et surveillé, mais le parc historique et le cimetière des fous restent ouverts et accessibles à pied depuis l'arrêt de bus Odra. Pour un séjour urbex à Prague, Bohnice est l'arrêt obligatoire.

Pour la mappa complète des lieux abandonnés de Prague et de Bohême centrale, consulte notre page régionale : Carte urbex Prague et environs.

Psychiatrická nemocnice Bohnice
Psychiatrická nemocnice Bohnice

50.133610, 14.423890

👉 Pour aller plus loin sur ce spot : lire le deep-dive complet : Bohnice : l'asile psychiatrique de Prague et le cimetière des fous.


2. Milovice / Boží Dar : la ville fantôme soviétique de la guerre froide

Vue aérienne de l'ancienne base soviétique de Milovice et du village de Boží Dar dans le district de Nymburk

À une trentaine de kilomètres au nord-est de Prague, dans le district de Nymburk, se trouve l'une des ruines de la guerre froide les plus célèbres d'Europe centrale : la base militaire soviétique de [Milovice](https://en.wikipedia.org/wiki/Milovice) et son village satellite Boží Dar (« le don de Dieu »). L'aérodrome a été construit dans les années 1930 par l'armée tchécoslovaque, transformé en base de la Luftwaffe pendant l'occupation allemande, puis repris par les Soviétiques en 1968 après l'invasion du Pacte de Varsovie. Pendant 23 ans, jusqu'au retrait des troupes en 1991, Milovice abrite jusqu'à 100 000 soldats soviétiques et leurs familles - cinq divisions complètes, un aérodrome opérationnel, et une ville entière construite en autarcie pour les civils du dispositif militaire.

Boží Dar, c'est cette ville bis : un alignement de blocs résidentiels de béton préfabriqués typiquement soviétiques, des magasins, un cinéma, une école, un centre culturel, une ligne de tramway, le tout caché derrière des clôtures barbelées et invisible depuis la route principale de Milovice. Les habitants tchécoslovaques de la commune voisine ignoraient à peu près tout de ce qui s'y passait. Quand les Soviétiques sont partis en janvier 1991, ils ont laissé Boží Dar tel quel : meubles dans les appartements, dossiers militaires dans les bureaux, fresques de propagande sur les murs des cantines.

Aujourd'hui, le site est un terrain de chasse urbex international. Une partie de l'ancien aérodrome a été reprise par un aéroclub tchèque qui y organise des vols privés ; le reste, dont le cœur de Boží Dar, est abandonné depuis trente ans. La nature reprend lentement le dessus : sangliers dans les couloirs, mousses sur les escaliers en béton, arbres qui poussent dans les anciennes places. Attention sécurité : barbelés enfoncés dans les herbes, planchers pourris, et statut juridique flou (propriété d'État, accès tolérographe). Le drone est encore le meilleur moyen de saisir l'échelle réelle de la base.

Pour la carte complète des lieux abandonnés de Bohême centrale (Stredočeský kraj) : Urbex Stredočeský kraj.

Milovice / Boží Dar
Milovice / Boží Dar

50.236454, 14.876901

👉 Pour aller plus loin sur ce spot : lire le deep-dive complet : Milovice et Boží Dar : la ville fantôme soviétique de la Guerre froide.


3. Lázně Kyselka : les thermes Mattoni oubliés de Bohême occidentale

Le complexe thermal abandonné de Lázně Kyselka avec la chapelle Sainte-Anne et l'ancienne colonnade Otta dans la vallée de l'Ohře

À 12 km au nord-est de Karlovy Vary, dans la vallée de l'Ohře, se cache le complexe thermal le plus poignant d'Europe centrale : [Lázně Kyselka](https://en.wikipedia.org/wiki/Kyselka_Spa) (en allemand Bad Giesshübl), l'ancien empire personnel de l'industriel Heinrich Mattoni. À partir de 1867, ce fils d'épicier italo-allemand de Karlovy Vary rachète les sources minérales de Kyselka, fait construire un sanatorium néo-Renaissance, une chapelle Sainte-Anne, un château résidentiel, des promenades couvertes, une centrale hydroélectrique, et lance la mise en bouteille industrielle de l'eau Mattoni - aujourd'hui l'une des marques les plus connues de République tchèque.

À sa mort en 1910, Mattoni laisse à Kyselka un complexe thermal complet qui prospère jusqu'à la fin de l'entre-deux-guerres. Puis vient la double catastrophe : expulsion de la population germanophone en 1945, nationalisation communiste, abandon progressif des bâtiments dans les années 1960-70. La marque Mattoni continue d'exister - aujourd'hui propriété d'un groupe italien - mais l'embouteillage a été déplacé dans une usine moderne en aval, et les bâtiments historiques laissés à l'abandon.

Trente ans plus tard, le résultat est saisissant : la chapelle Sainte-Anne aux fenêtres murées, le sanatorium aux planchers effondrés, les promenades envahies par la végétation, la maison Mattoni dont la façade néo-Renaissance se délite. Une association locale, Lázně Kyselka o.p.s., lutte depuis 2013 pour sauver ce qui peut encore l'être. Le groupe Karlovarské minerální vody (Mattoni) a versé 20 millions de couronnes en 2014 pour le sauvetage. Quelques bâtiments ont été stabilisés, mais l'essentiel du complexe reste en ruines. Lieu emblématique de la fragilité du patrimoine thermal centre-européen.

Pour explorer les autres lieux abandonnés de la région de Karlovy Vary (Karlovarský kraj) : Urbex Karlovarský kraj.

Lázně Kyselka
Lázně Kyselka

50.259814, 13.000331


4. Klínovec : l'hôtel et la tour abandonnés du sommet des Krušné hory

L'hôtel de montagne abandonné et la tour Franz-Joseph au sommet du Klínovec, point culminant des monts Métallifères

Au sommet du Klínovec (1 244 m), le point culminant des Krušné hory (monts Métallifères) à la frontière germano-tchèque, se dresse le squelette d'un grand hôtel néo-Renaissance et d'une tour panoramique de pierre : le Horský hotel Klínovec et la Franz-Josephs-Turm (1884). Pendant un siècle, ce complexe a été le rendez-vous obligé de la bourgeoisie centre-européenne en villégiature - le funiculaire grimpait depuis Jáchymov, les wagons restaurants apportaient le champagne, et la tour offrait une vue panoramique sur la Saxe et la Bohême.

Construit en plusieurs phases entre 1884 et 1908 (la tour, puis l'auberge, puis l'hôtel), l'ensemble est inscrit aux monuments protégés tchèques en 1958. Mais après la chute du Rideau de Fer et l'effondrement du tourisme communiste, l'hôtel ferme dans les années 1990 et entre dans une longue agonie : toiture qui fuit, parquets pourris, plâtres qui se décollent, fresques décolorées. Seule la tour est restée accessible aux touristes - moyennant un escalier en bois bricolé.

L'histoire pourrait bientôt se terminer : la commune de Boží Dar (la commune-mère du sommet, à ne pas confondre avec la ville fantôme soviétique de Milovice !) a signé en 2024 un contrat de reconstruction sur 25 ans avec une société privée, objectif réouverture 2028. D'ici là, l'hôtel reste l'un des objets urbex les plus photographiés du nord-ouest tchèque. Attention : le bâtiment principal est officiellement fermé pour cause de risque structurel, et la station de ski entoure le sommet en hiver.

Pour les autres lieux abandonnés de la région de Karlovy Vary : Urbex Karlovarský kraj.

Klínovec - opuštěný horský hotel a rozhledna
Klínovec - opuštěný horský hotel a rozhledna

50.396110, 12.967780

👉 Pour aller plus loin sur ce spot : lire le deep-dive complet : Klínovec : l'hôtel et la tour Franz-Joseph abandonnés au sommet.


5. Nákladové nádraží Žižkov : la gare de fret fonctionnaliste de Prague

La gare de fret fonctionnaliste de Žižkov à Prague avec son bâtiment principal de 350 mètres de long

En plein cœur de Prague 3 (Žižkov), sur 33 hectares, s'étend l'un des plus grands ensembles fonctionnalistes d'Europe centrale : la [Nákladové nádraží Žižkov](https://en.wikipedia.org/wiki/%C5%BDi%C5%BEkov_freight_railway_station) (gare de fret de Žižkov). Dessinée par les architectes Karel Caivas et Vladimír Weiss entre 1931 et 1937, en collaboration avec l'ingénieur ferroviaire Miroslav Chlumský, la gare est un manifeste de l'architecture fonctionnaliste pragoise : façade en brique apparente de 350 m de long, voies de transbordement directement intégrées au quai supérieur, monte-charges hydrauliques pour les wagons, fenêtres en bandeau acier.

Pendant 65 ans, Žižkov est la plaque tournante du fret pragois : alimentation, charbon, marchandises industrielles, journaux pour toute la Bohême. L'activité ferroviaire cesse en 2002, le bâtiment est laissé vide. En 2010, il est classé monument culturel national tchèque - une protection forte qui interdit la démolition mais n'oblige pas à l'entretien. Pendant quinze ans, Žižkov devient l'un des terrains urbex les plus emblématiques de Prague : couloirs de 300 mètres, vide-ordures industriels, monte-charges figés, escaliers en spirale de béton.

Depuis 2013, des événements culturels temporaires s'y tiennent (Designblok, biennale d'art, expositions) et un projet de reconversion mixte (logement, commerce, musée) est dans les cartons depuis 2023. Pour l'instant, le bâtiment principal reste vide et accessible aux explorateurs qui savent où passer. Le site est surveillé par des gardiens privés, et l'accès illégal peut conduire à une amende salée - mais les promenades publiques sur les anciens quais extérieurs restent ouvertes.

Pour explorer les autres lieux abandonnés de Prague (Hlavní město Praha) : Urbex Prague.

Nákladové nádraží Žižkov
Nákladové nádraží Žižkov

50.084868, 14.472076


6. Bývalé nádraží Praha-Vyšehrad : le joyau sécessionniste oublié

L'ancienne gare de Praha-Vyšehrad, joyau de l'architecture sécessionniste fermée depuis 1960

À deux pas de la forteresse de Vyšehrad et du Vltava, dans le quartier de Nusle (Praha 5), se trouve l'un des trésors abandonnés les plus tragiques de Prague : l'ancienne gare de Praha-Vyšehrad. Construite en 1872 puis entièrement reconstruite en 1904-1905 selon les plans de l'architecte Antonín Balšánek, c'est un rare exemple en République tchèque de gare sécessionniste : façade ornée d'allégories florales, hall en fer forgé, marquise en verre teinté, tourelle d'angle décorée de mosaïques.

Au plus fort de son activité, 386 trains passaient par Vyšehrad en 24 heures. La gare ferme en 1960 dans le cadre de la modernisation du réseau ferroviaire pragois - le trafic est dévié vers la gare centrale Hlavní nádraží toute proche. Pendant quarante ans, le bâtiment reste géré par les Chemins de fer tchèques et tombe lentement en ruines. Classé monument culturel en 2001, il est pourtant vendu en 2007 à une société privée, RailCity Vyšehrad, qui démolit illégalement la salle d'attente protégée dès 2008. Depuis, aucun travail de restauration n'a été engagé.

Aujourd'hui, le bâtiment est l'objet urbex le plus photographié du centre de Prague. Toiture effondrée, fresques peintes effacées par la pluie, tags qui couvrent les murs intérieurs, escaliers monumentaux pleins de gravats. La ville de Prague envisage depuis 2023 l'expropriation forcée pour sauver ce qui peut encore l'être - mais les négociations traînent. En attendant, Vyšehrad reste un symbole double : de la richesse architecturale tchèque de la Belle Époque, et de l'incurie patrimoniale post-1989 quand de nombreux monuments ont été privatisés sans clause de conservation.

Pour la mappa des autres lieux abandonnés de Prague : Urbex Prague.

bývalé nádraží Praha-Vyšehrad
bývalé nádraží Praha-Vyšehrad

50.067703, 14.420108

👉 Pour aller plus loin sur ce spot : lire le deep-dive complet : Gare Vyšehrad : Joyau sécessionniste oublié à Prague.


7. Hrad Hartenberg : la ruine carbonisée de Sokolov

Les ruines du château de Hartenberg dans la forêt des Hřebeny au-dessus de Josefov dans le district de Sokolov

Au-dessus du village de Hřebeny, dans la commune de Josefov, district de Sokolov (Bohême occidentale), se dressent les ruines d'un château qui a connu sept siècles d'histoire avant de partir en fumée : le [Hrad Hartenberg](https://en.wikipedia.org/wiki/Hartenberk) (Hartenberk en allemand). Mentionné dès 1214, fief des seigneurs de Hartenberg jusqu'en 1362, le château passe ensuite à l'empereur Charles IV qui l'échange contre Bautzen, avant de revenir à diverses familles nobles allemandes. Au XVIIIe siècle, il est transformé en château résidentiel - extension d'ailes baroques, jardins en terrasses, chapelle.

Après 1945, expulsion des Allemands, nationalisation. Le château devient entrepôt agricole puis grenier à grain dans les années 1950. C'est à ce moment que commence le naufrage : entre 1984 et 1991, Hartenberg est incendié à plusieurs reprises par des vandales. Les charpentes brûlent, les plafonds s'effondrent, les fresques baroques disparaissent. À la chute du communisme, il ne reste qu'une carcasse en pierre noircie, ouverte aux quatre vents.

Et c'est là que l'histoire prend une tournure rare en Europe centrale : en 1997, un Tchèque expatrié au Canada, Bedřich Loos, rachète la ruine et lance le « Workshop Hartenberg » - le plus grand programme de bénévolat patrimonial d'Europe. Plus de 1 000 volontaires de tous les continents ont depuis travaillé sur le chantier : maçonnerie, charpente, déblaiement, restauration partielle. Le château reste largement en ruine, mais des pans entiers ont été sauvés. Hartenberg est visitable sur rendez-vous, et reste l'un des spots urbex les plus impressionnants de Bohême occidentale - mélange unique de patrimoine sauvé et de vraies ruines romantiques.

Pour les autres lieux abandonnés du district de Sokolov : Urbex Sokolov.

Hrad Hartenberg
Hrad Hartenberg

50.221781, 12.575750


8. Usedlost Cibulka : le manoir des Thun-Hohenstein de Košíře

La Usedlost Cibulka dans le quartier de Košíře à Prague 5, ancien manoir des Thun-Hohenstein

Dans le quartier de Košíře (Praha 5), au sud-ouest du centre de Prague, se trouve l'un des manoirs abandonnés les plus célèbres de la capitale : la Usedlost Cibulka. Le nom vient de la famille Cibulka de Veleslavín, propriétaire du domaine au XVIe siècle. Mais c'est au début du XIXe siècle que le manoir prend sa forme actuelle : en 1817, le prince-évêque de Passau Leopold Leonard Thun-Hohenstein, amateur d'art et collectionneur, rachète le domaine et confie sa transformation à des architectes praguois. Le manoir devient une résidence d'été Empire-classique ornée de sculptures, fontaines, pavillons romantiques dans le parc, et même une chapelle gothique factice et une tour panoramique pseudo-médiévale.

Après la mort de Thun-Hohenstein, Cibulka passe de main en main, perd son statut résidentiel, devient ferme, puis maison de retraite, puis squat. Pendant trente ans, de la chute du communisme jusqu'à 2021, le bâtiment principal reste à l'abandon : façade Empire effritée, statues décapitées, parc envahi, intérieurs squattés ou cambriolés. Les explorateurs urbex pragois en ont fait l'un de leurs spots de prédilection - les photos abondent sur les blogs européens.

En 2021, la Nadace rodiny Vlčkových (Fondation Vlček) rachète le domaine pour y créer un hospice pédiatrique - un centre de soins palliatifs pour enfants gravement malades, le premier du genre en République tchèque. Les travaux de réhabilitation ont commencé en 2024 (l'ancienne maison du jardinier est déjà rouverte comme café) et doivent s'achever en 2026. Le manoir principal sera entièrement restauré. Pour l'urbex, c'est donc la fin d'une époque : profite des prochains mois pour voir Cibulka encore en transition avant la transformation complète.

Pour explorer les autres lieux abandonnés de Prague Sud : Urbex Praha 5.

Usedlost Cibulka
Usedlost Cibulka

50.060564, 14.350371


9. Zámek Záhořany : le manoir baroque de la Corona en Bohême du Nord

Le château baroque abandonné de Záhořany près de Litoměřice, construit en 1708 pour le colonel Jan de la Corona

À 6 km au sud-est de Litoměřice, sur les coteaux de la vallée de l'Elbe, se cache un manoir baroque que peu connaissent en dehors du cercle restreint des urbexers internationaux : le [Zámek Záhořany](https://cs.wikipedia.org/wiki/Zaho%C5%99any_(z%C3%A1mek)). Construit en 1708 pour le colonel impérial Jan de la Corona sur les vestiges d'une forteresse médiévale plus ancienne, le château est une bâtisse à deux étages organisée autour de quatre ailes avec une tour prismatique centrale. Au-dessus de l'entrée principale, un portail en pierre arbore les armes de la famille d'Ogilvy, propriétaire au XVIIIe siècle.

L'histoire du château bascule en 1781 quand l'empereur Joseph II l'achète pour 140 000 pièces d'or et y installe un hôpital militaire temporaire pour la forteresse voisine de Terezín (Theresienstadt). Au XIXe siècle, il revient à la noblesse civile puis subit le sort des centaines de manoirs centre-européens : confiscation après 1945, usage agricole communiste, abandon dans les années 1980.

Aujourd'hui, Záhořany est l'un des fantômes baroques les plus émouvants de Bohême du Nord. La toiture s'est effondrée par endroits, les plafonds peints du premier étage sont à ciel ouvert, le portail aux armes des d'Ogilvy est encore debout mais fragilisé. Classé monument culturel depuis 1964, le château n'a jamais reçu de financement public significatif pour sa restauration. Il appartient aujourd'hui à un propriétaire privé qui en interdit l'accès, mais le bâtiment est visible depuis les chemins agricoles environnants. Lieu de prédilection des photographes de patrimoine en danger - et symbole de la fragilité du patrimoine castral tchèque.

Pour les autres lieux abandonnés de la région d'Ústí nad Labem (Ústecký kraj) : Urbex Ústecký kraj.

Zámek Záhořany
Zámek Záhořany

50.532000, 14.215000


10. Zámek Zelená Hora : le château baroque de Klášter en attente de renaissance

Le château baroque de Zelená Hora dominant Nepomuk dans la région de Plzeň

Sur la « montagne verte » dominant la petite ville de Nepomuk (région de Plzeň), à 35 km au sud-est de Plzeň, se dresse l'un des plus grands ensembles baroques de Bohême occidentale : le [Zámek Zelená Hora](https://cs.wikipedia.org/wiki/Zelen%C3%A1_Hora_(z%C3%A1mek)). L'origine est ancienne : un château gothique mentionné dès 1221 dans un décret du roi Přemysl Otakar I. Mais c'est la famille Šternberk qui transforme le château médiéval en résidence baroque entre 1669 et 1696, ajoutant la chapelle Notre-Dame-de-l'Assomption qui sert toujours d'église de pèlerinage. À ne pas confondre avec l'autre « Zelená Hora » de Žďár nad Sázavou, classée UNESCO et toujours en activité.

Le château connaît une histoire militaire mouvementée au XXe siècle : après 1948, le régime communiste y installe le siège d'un bataillon disciplinaire de l'armée (les PTP - Pomocné Technické Prapory), réservé aux conscrits politiquement suspects. Pendant 40 ans, le château sert de caserne et d'entrepôt militaire - usage qui dégrade lourdement les pièces baroques d'apparat. En 1990, l'armée tchécoslovaque quitte les lieux ; en 1992, la commune de Klášter reprend le château et commence une restauration lente, financée au coup par coup.

L'épilogue récent : en novembre 2025, le château est racheté par l'entreprise KLAUS Timber a.s. pour 30 millions de couronnes. Une saison de fermeture est prévue 2026 pour gros travaux, avec réouverture annoncée pour la saison 2027. D'ici là, le château reste l'un des plus beaux objets d'urbex baroque de Bohême occidentale - profite des derniers mois pour le voir dans son état actuel, à mi-chemin entre ruine et résurrection.

Pour explorer les autres lieux abandonnés de la région de Plzeň (Plzeňský kraj) : Urbex Plzeňský kraj.

Zámek Zelená Hora
Zámek Zelená Hora

49.496390, 13.581110


Quelle région tchèque choisir pour l'urbex ? (14 cartes régionales)

La République tchèque est divisée en 14 régions administratives (kraje), chacune avec sa carte dédiée sur Urbex Maps. Voici les principales hot zones documentées par la communauté :

  • [Praha (Prague)](/monde/europe/czechia/prague), capitale, ~110 spots dont la gare Vyšehrad, la Nákladové nádraží Žižkov, Bohnice et Cibulka. La zone la plus dense en patrimoine sécessionniste et fonctionnaliste abandonné.
  • [Středočeský kraj (Bohême centrale)](/monde/europe/czechia/stredocesky), 474 spots autour de Milovice/Boží Dar, Příbram (Skrýšov), Mníšek pod Brdy. Anciennes bases militaires soviétiques et manoirs baroques.
  • [Karlovarský kraj](/monde/europe/czechia/karlovarsky), 189 spots dont Kyselka, Klínovec, Hartenberg. Mines d'uranium, thermes Mattoni, vestiges germanophones de l'expulsion 1945.
  • [Ústecký kraj](/monde/europe/czechia/ustecky), 346 spots, terre des grandes mines de charbon de Most et des manoirs abandonnés autour de Litoměřice (Záhořany) et Teplice. Souvent cité dans les recherches urbex Chomutov, urbex mapa ústecký kraj.
  • [Plzeňský kraj](/monde/europe/czechia/plzensky), 307 spots dont Zámek Zelená Hora (Nepomuk). Forte demande urbex mapa plzeň.
  • [Vysočina](/monde/europe/czechia/vysocina), région du plateau de Bohême-Moravie, recherche urbex Vysočina très active (pos 4-7 sur GSC).
  • [Liberecký kraj](/monde/europe/czechia/liberecky), 280+ spots incluant l'ancien polygone militaire de Hradčany, recherche urbex Liberec, urbex mapa liberec.
  • [Jihočeský kraj (Bohême du Sud)](/monde/europe/czechia/jihocesky), recherche urbex mapa jihočeský kraj, frontière Bavière/Autriche, anciens postes militaires de la Cortina di ferro.
  • [Jihomoravský kraj (Brno)](/monde/europe/czechia/jihomoravsky), recherche urbex Brno, urbex Brno mapa, deuxième ville du pays.
  • [Moravskoslezský kraj (Ostrava)](/monde/europe/czechia/moravskoslezsky), bassin minier OKD, anciens puits, Důl Hedvika et Karviná.
  • [Olomoucký kraj](/monde/europe/czechia/olomoucky), Vojenský újezd Libavá (camp militaire fantôme de 327 km²), Jeseník et anciennes mines d'uranium.
  • [Královéhradecký kraj](/monde/europe/czechia/kralovehradecky), [Pardubický kraj](/monde/europe/czechia/pardubicky), [Zlínský kraj](/monde/europe/czechia/zlinsky), chacun avec sa carte régionale dédiée.

Pour la vue globale interactive avec les 3 438 spots tchèques et le filtre par région : Carte urbex République tchèque.


FAQ

L'urbex est-il légal en République tchèque ?

Techniquement, pénétrer dans une propriété privée sans autorisation reste une infraction (article 178 du Code pénal tchèque, "porušování domovní svobody"). En pratique, les sanctions sont rarement appliquées si l'exploration se fait sans dégradation, sans vol et sans intrusion par effraction. Mieux : contacter en amont les propriétaires, communes ou héritiers. Le château de Hartenberg propose même des visites guidées officielles, et plusieurs spots de cette liste sont accessibles depuis des chemins publics.

Quelle est la meilleure période pour explorer ces lieux abandonnés ?

D'avril à octobre pour des conditions optimales : lumière naturelle longue, températures clémentes, accès dégagés. L'hiver tchèque (-5 à -15 °C en janvier-février) rend les ruines glaciales et le bois pourri encore plus instable. La haute saison (juillet-août) attire plus de gardiens sur les spots populaires comme la gare Vyšehrad. Le printemps (avril-mai) reste le meilleur compromis : végétation pas encore envahissante, lumière douce, peu de touristes.

Comment se rendre à ces spots depuis Prague ?

Le réseau ferroviaire tchèque (ČD) dessert presque tous les sites. Bohnice est accessible en métro ligne C + bus 200. Milovice : 50 minutes de train depuis Praha hlavní nádraží. Kyselka : train jusqu'à Karlovy Vary puis bus 20 minutes. Hartenberg : train jusqu'à Sokolov puis 30 minutes à pied. Pour les sites les plus isolés (anciennes mines de Jáchymov, base soviétique de Ralsko), louer une voiture (15 à 25 € par jour) reste la solution la plus flexible.

Quels sont les risques sanitaires sur ces sites tchèques ?

Les principaux dangers : amiante dans les toits Eternit des années 1970, plomb dans les peintures pré-1985, guano de pigeons (risque d'histoplasmose dans Bohnice et Vyšehrad), bois pourri (chutes potentielles à Hartenberg, Skrýšov), monoxyde de carbone dans les caves fermées. Équipement minimum recommandé : masque FFP3 dans les usines comme Kyselka et Mattoni, lampe frontale, chaussures montantes, vaccin antitétanique à jour. Ne jamais explorer seul les ruines effondrables.

Faut-il un guide local ou peut-on y aller seul ?

Pas obligatoire, mais fortement recommandé pour trois sites : Milovice (ancienne zone militaire soviétique avec restes potentiels d'engins non explosés), Bohnice (réseau souterrain et bâtiments multiples sur 64 hectares) et tous les spots en hiver. Les forums comme urbex.cz, le subreddit r/UrbExCZ et le groupe Facebook "Urbex Czech Republic" partagent retours d'expérience, alertes sécurité et organisent parfois des sorties collectives.

Peut-on publier les photos de ces lieux sur Instagram et YouTube ?

Oui, le droit tchèque n'impose pas de droit à l'image sur les bâtiments. En revanche, la communauté urbex respecte une éthique forte : ne pas géolocaliser précisément les spots sensibles. Préférez un tag pays ("Czech Republic") ou région ("Bohemia") plutôt que la commune exacte. Cette pratique limite le vandalisme, le sur-tourisme et la fermeture définitive des lieux. Pour aller plus loin, débloque les coordonnées GPS exactes sur ta carte personnelle.

Conclusion : un patrimoine tchèque à explorer responsablement

La République tchèque est l'un des pays les plus riches d'Europe en patrimoine abandonné : la combinaison de l'expulsion germanophone de 1945, des quarante ans de communisme, du retrait soviétique de 1991 et de la privatisation chaotique post-1989 a laissé des milliers de châteaux, manoirs, fermes, gares, hôpitaux et usines sans propriétaire identifiable ou sans moyens d'entretien.

Les 10 lieux présentés ici sont les plus emblématiques et les plus photographiés - mais c'est l'arbre qui cache la forêt. Sur notre carte interactive, plus de 3 438 spots tchèques attendent d'être explorés, depuis les anciennes mines d'uranium du Jeseník jusqu'aux camps militaires fantômes de la guerre froide. Chaque mois, notre communauté ajoute une vingtaine de nouveaux points - signe que le patrimoine abandonné tchèque est loin d'être épuisé.

Pour découvrir l'ensemble : Carte urbex République tchèque (3 438 spots).

Et pour aller plus loin en Europe, consulte aussi notre pillar sur les 20 lieux abandonnés d'Italie ou notre dossier urbex Paris.

Prêt à explorer ?

Découvrez nos coordonnées GPS de lieux abandonnés à travers le monde entier.

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